Colloque Quartier, quartiers

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Colloque Quartier, quartiers

Appel à contributions
Date limite : 15 juin 2020

 


Colloque de l'Université de Perpignan Via Domitia / CRESEM, de Visa pour l'Image et du Centre International de Photojournalisme
Comme chaque année depuis 2017, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Perpignan Via Domitia organise un colloque à Perpignan durant le festival international Visa pour l'Image. Cette année, il aura lieu les 2 et 3 septembre 2020. Il se donne pour but de faire dialoguer les chercheurs avec les praticiens du photojournalisme. Le rôle des uns et des autres dans l'analyse des phénomènes sociaux, essentiel, invite en effet à l'échange interdisciplinaire. La confrontation des pratiques et des méthodes, à la fois convergentes et irréductiblement différentes, enrichit la distance critique par rapport aux faits et aux mécanismes observés.

Cette année, la thématique du colloque porte sur la notion de quartier. Face aux difficultés rencontrées par les politiques urbaines qui marquent l'actualité depuis la fin du XXe siècle, le quartier, entendu à la fois comme espace géographique et comme espace social, est devenu un véritable enjeu. Le but est de réfléchir sur les principes qui le fondent, la façon dont ils sont mis en œuvre et la perception qu'on peut en avoir. Les approches pourront être aussi bien diachroniques que synchroniques.
L'existence et la vie des quartiers sera examinée sur la longue durée, au sein des civilisations et à diverses échelles, des diasporas ou des Empires antiques jusqu'au système-monde contemporain, en insistant sur la Méditerranée. La logique interne qui constitue un quartier, les processus de formation et d'évolution, les aspects juridiques mis en œuvre dans ce processus, ses relations avec l'entour, son influence sur le monde extérieur à son territoire, ses limites et ses « frontières » seront envisagés. L'analyse privilégiera l'observation des stratégies, de la diversité sociale, des jeux de concurrence, d'opposition, de collaboration et d'association. Elle ne négligera pas les conflits. Les mobilités sociales et religieuses seront étudiées dans un même mouvement, distinguées mais non pas séparées artificiellement. De même, les rapports avec les pouvoirs, la notion d'ordre seront étudiés en privilégiant la relation et le lien entre intérieur et extérieur, en interrogeant la prégnance de cette opposition construite ou subie, ses conséquences topographiques, ce qui devrait permettre de mieux saisir la notion de ghetto. La place des « minorités » sera interrogée. On sera sensible également aux images que le quartier offre de lui-même, ainsi qu'à celles qui lui sont affectées, voire imposées. Dans cette perspective, on pourra réfléchir sur les représentations de cet espace dans des œuvres littéraires, cinématographiques ou autres et on essaiera de comprendre comment se structure cet espace imaginaire et quels rapports il noue avec le lieu réel. On s'intéressera aux termes qui le désignent.

Étant donné que cette rencontre privilégie le dialogue entre disciplines, les chercheurs auront des spécialités qui peuvent aller de l'Antiquité jusqu'à nos jours et seront historiens, sociologues, historiens de l'art, littéraires, linguistes, géographes, urbanistes, architectes. Elle prendra la forme d'un « grand atelier », qui réunira un groupe d'une quinzaine de personnes.
Les modes de communication préférés seront la table-ronde et l'exposé de 20 minutes suivi d'un échange de 10 minutes.

Trois axes seront envisagés.
1- Définir.
Il conviendra d'abord de définir la notion de «quartier», d'observer comment la notion évolue à travers les espaces et le temps, dans une approche comparatiste. Ce travail s'appuiera toujours sur une attention soigneuse aux corpora de sources, textes, images, observations sur le terrain et son rendu sous forme de métadonnées, ce qui ne manquera pas d'évoquer les méthodes des photojournalistes, leurs difficultés, leur production à même de se transformer en source historique. L'attention pourra se porter sur les modes de prise de décision visant à la gestion sociale et urbanistique. Quand passe-t-on du quartier au ghetto ? Comment passe-t-on de la source à l'analyse puis à la remédiation et à la rénovation ? Quelles représentations donne-t-on de cet espace ? Comment sont-elles exploitées ? Les analyses devront porter sur des cas précis. On sera attentif aux méthodes de construction des notions étudiées, à l'histoire de cette construction et à l'emploi, voire l'instrumentalisation des résultats.

2- Visibilité ou invisibilité des minorités, un thème central.
La place des minorités dans la topographie, ses fausses évidences et ses réalités sociales complexes, l'existence d'espaces extra-territoriaux attractifs ou répulsifs offriront un point de vue sur les « quartiers à part », la réalité de « quartier ghetto » et la perception qu'on peut en avoir de l'extérieur et de l'intérieur.

3- La notion de quartier monde
Elle permettra d'envisager l'échelle micro, voire de privilégier des approches de micro histoire. On pourra s'intéresser, par exemple, aux traces laissées par l'histoire interne au quartier, mais aussi par l'Histoire sur le quartier (plaques de rues, bâtiments publics et privés), à la mise en place d'une géographie sociale et de ses mutations, à la création de « continents » autour d'un espace public, aux lieux de contact et de conflits, à la question de l'autonomie et/ou de l'autarcie etc.


Organisation pratique :
Si la crise sanitaire que nous connaissons actuellement nous empêchait de nous réunir en présentiel, le colloque se ferait à distance via les plateformes que nous commençons à bien connaître... Dans tous les cas, il fera l'objet d'une publication au cours de laquelle vous pourrez retoucher votre intervention au cas où, dans les circonstances actuelles, vous n'auriez pas la possibilité d'approfondir comme vous le voudriez certains des points abordés.
Si vous êtes intéressés par le sujet, nous vous demandons d'envoyer aux adresses ci-dessous avant le 15 juin un petit texte de 6 à 10 lignes et 4 ou 5 mots-clés qui rendent compte de votre projet de communication.

Mireille COURRÉNT, professeur de langue et littérature latines : courrent[at]univ-perp.fr
Claude DENJEAN, professeur d'histoire médiévale : claude.denjean[at]univ-perp.fr
Ghislaine JAY-ROBERT, professeur de langue et littérature grecques : jayrober[at]univ-perp.fr

 

Lieu de la manifestation : Université de Perpignan Via Domitia
Organisation : Claude Denjean, Ghislaine Jay-Robert, Mireille Courrént
Contact : courrent[at]univ-perp.fr

 

 

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