Non Graecos minus barbaros quam Romanos puto

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Les Romains et les Grecs de leur temps : de la prise de Tarente à l'édit de Caracalla (272 av. J. C-212 ap. J.-C.)

Colloque international du 22 au 24 juin 2023 à l'INHA ANHIMA-ENS Paris

Deuxième partie : Au temps de l'Empire

Appel à contributions
Date limite : 1er septembre 2022



Si la place de l'hellénisme dans le monde romain a été bien étudiée, avec pour jalons la conquête des royaumes hellénistiques, l'hellénisation de Rome, le règne des empereurs philhellènes ou l'influence de la Seconde Sophistique, les relations que les Romains entretenaient avec les Grecs de leur temps, ainsi que la manière dont ils les considéraient, méritent d'être explorées plus avant. La réflexion proposée est née de la mise en cause de la thèse plutarchéenne d'un partage de la domination sur le monde méditerranéen entre, d'une part, des Grecs conscients de leur supériorité sur le plan culturel et, d'autre part, des Romains exerçant leur emprise sur les plans militaire, administratif et politique. Cette vision était-elle seulement celle d'un Grec de l'époque impériale cherchant à s'accommoder de la domination romaine ou était-elle partagée par les Romains et, de manière générale, par les locuteurs de langue latine ? Quelles relations personnelles les Romains nouèrent-ils donc avec les Grecs qui vivaient dans leur entourage ?

Tout au long de cette histoire commune des Grecs et des Romains, différents contextes se succèdent qui appellent des traitements et des réponses différenciées. En effet, sur l'étendue de la période considérée, le sens de l'appellation « Grecs » se déplace des nombreuses communautés civiques fondées par les Grecs autour du bassin méditerranéen à l'ensemble des peuples hellénisés vivant dans les cités de l'Orient romain hellénophone ; de même, les « Romains » désignent successivement les citoyens de Rome, puis les Italiens, puis les peuples latinophones des cités et municipes d'Occident, en particulier les individus faisant carrière à Rome ou dans l'administration civile et militaire de l'Empire. De manière à prendre en compte ces évolutions, mais aussi à donner suffisamment d'ampleur aux perspectives ouvertes, nous avons fait le choix de poser les bases de notre réflexion à l'époque des conquêtes, celle des cités grecques d'Italie du Sud, puis celle des cités de Grèce et d'Orient, jusqu'au terminus ante quem que constitue l'édit de Caracalla. Mais il s'agira de garder toujours en tête qu'il ne s'agit pas d'envisager la question de l'hellénisme romain ni des représentations que les Romains se faisaient des Grecs, mais bien d'étudier les relations interpersonnelles liant des Romains à des Grecs, individus ou groupes sociaux, qu'ils étaient amenés à rencontrer ou à fréquenter.
Notre première enquête nous a menés à remonter aux temps de la République. Nous nous sommes interrogés dans un premier colloque qui s'est déroulé à l'Ecole normale supérieure de Paris les vendredi 4 et samedi 5 octobre 2019 sur les relations que les Romains entretenaient avec les Grecs de Rome, d'Italie et des provinces de l'empire, de la chute de Tarente en 272 av. J.-C. à la fin de la République. Les interventions ont été partagées entre cinq grandes parties : la conquête de l'Italie du Sud, la vie politique romaine, la fréquentation des Grecs de Rome, des Grecs d'Orient, enfin des poètes et philosophes. L'ensemble sera publié dans un volume collectif par les Editions Ausonius.
Dans une deuxième journée d'études, organisée les 16, 17 et 18 juin 2023 à l'INHA (Paris), nous nous pencherons sur les évolutions apportées par la constitution d'un empire universel, à partir du Principat d'Auguste, et ce jusqu'à l'édit de Caracalla en 212 ap. J.-C. Nous nous demanderons quelle figure prend le monde grec au lendemain d'une conquête qui ne résoud pas le rapport complexe que Rome entretient avec une culture à la fois admirée et mise à distance. Quel intérêt les hommes politiques romains portent-ils encore à leurs anciens alliés et amis grecs ? Peut-on attribuer à certaines relations personnelles le philhellénisme de certains empereurs ? Les Romains semblent-ils faire une distinction entre les intellectuels, artistes, précepteurs, affranchis, composant la foule des Graeculi qu'ils fréquentent à Rome, et les ambassadeurs des cités grecques, les élites civiques des provinces d'Achaïe ou d'Asie et, plus généralement, les peuples des cités grecques dont ils ont la charge dans les provinces dont ils sont les gouverneurs ? Cette liste d'interrogations n'étant nullement limitative, on s'interrogera sur les différents aspects de la question posée, uniquement pour l'époque impériale. Pour cela, tous les types de documents, textuels, matériels aussi bien que figurés, seront pris en compte.
Il sera éventuellement possible de dédommager les intervenants pour leur trajet et/ou pour les nuits d'hôtel et les déjeuners. Les quatre langues française, anglaise, italienne et allemande seront acceptées pour des communications dont la longueur ne devra pas excéder 20 minutes. Une publication, sous la forme d'un ouvrage collectif qui prendra la suite du premier volume en cours d'édition pour une publication aux éditions Ausonius, est envisagée.
Le comité de sélection des interventions sera composé des deux organisatrices du colloque. Les propositions de communication, formulées sous la forme d'un titre et d'un résumé d'une dizaine de lignes devront leur parvenir avant la date du 1er septembre 2022.


Sophie Lalanne (MC, Histoire ancienne, Université Paris 1
Panthéon-Sorbonne, ANHIMA UMR 8210, Labex HASTEC)
Mathilde Simon (MC, Littérature latine, ENS Paris, AOROC UMR 8546)

Contacts : sophie.lalanne[at]univ-paris1.fr ; mmahe[at]ens.fr

 

Lieu de la manifestation : INHA ANHIMA-ENS Paris
Organisation : S. Lalanne, M. Simon
Contact : mmahe[at]ens.fr, sophie.lalanne[at]univ-paris1.fr