Le rapport éthique au discours

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Le rapport éthique au discours 
Histoire - Pratique - Analyse

Colloque interdisciplinaire international
Université Paul Valéry-Montpellier III
15-16 avril 2011

Appel à communications

 

Date limite de soumission des propositions: 1er septembre 2010

Date de retour des avis du comité scientifique: 15 octobre 2010

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Organisé par l'équipe EMMA (Université Montpellier III), en collaboration avec les équipes CRISES (Université Montpellier III) et DIPRALANG et le soutien de la Société de Stylistique Anglaise et de l'Institut Universitaire de France.

Tout en dénonçant certaines formes de l'approche persuasive du discours (les pratiques rhétoriques et sophistiques), la critique platonicienne établit la possibilité d'une rhétorique philosophique propre à dire le vrai (en particulier dans le Gorgias et le Phèdre). À la suite de cette réflexion critique, les traditions philosophique et rhétorique ont abordé l'usage technique du langage selon deux approches distinctes. L'une se concentre sur le danger inhérent à toute élaboration technique du discours à même de dégénérer en un instrument de manipulation et de tromperie. L'autre prend en considération le progrès moral que la rhétorique peut favoriser. Isocrate, contemporain de Platon défend ainsi l'idée selon laquelle le bien dire favorise le bien faire. À l'âge classique, les philosophes semblent aussi revendiquer la maîtrise du langage comme une nécessité éthique. Bacon, Pascal, Hobbes et Locke ont posé une certaine forme de « thérapie du langage » comme nécessaire à une prise de conscience de notre usage des mots.
Au XXe siècle ces questions ont de nouveau été posées – différemment – par l'essor du néopragmatisme aux États-Unis, de l'analyse de discours / critical discourse analysis en France et en Europe (Amossy, Fairclough, Wodak, van Leeuwen, van Tdijk, Meyer, etc.), et par le renouveau de la rhétorique consécutif aux travaux de Perelman. Peut-on alors concevoir la résurgence de la rhétorique comme une nécessité éthique ? Alors que Platon dénonçait l'écart que la sophistique introduisait entre la parole et le réel, les approches contemporaines du discours visent à un dévoilement de cet écart, en mettant au jour les effets linguistiques manipulatoires, qu'ils soient conscients (pratiques du spinning, usage politique et intéressé des stéréotypes) ou inconscients (expression de la norme ou du stéréotype, pratiques de stigmatisation, discours classant, etc.). Elles chercheraient à déconstruire les classifications préconstruites et à renégocier les places sociales assignées pour une possible réinvention de soi et des autres. Peut-on dès lors parler de progrès éthique dans l'approche contemporaine du discours ?

Ce colloque, qui permettra de croiser les regards méthodologiques français et anglo-saxon, s'attachera à mettre en relation le questionnement éthique et les usages publics du langage dans une perspective historique. Les propositions pourront concerner trois périodes majeures (rhétorique antique, l'âge classique, et l'époque contemporaine) et pourront aussi bien relever de l'analyse de discours (appartenant à tous les genres, littéraire, politique, journalistique) que discuter des débats que le questionnement éthique a suscité à toutes les époques.
On pourra, entre autres, choisir de répondre aux questions suivantes :
- L'interrogation éthique qui parcourt les différentes époques est-elle stable ? Change-t-elle de nature ?
- Si la technique rhétorique était dans l'antiquité un moyen de gagner à tout prix, qu'en était-il de la place de l'autre et de l'image du rhéteur ?
- La maîtrise du discours peut-elle induire un progrès éthique ? Celle-ci favorise-t-elle une amélioration « morale » de l'individu comme le soutenait Isocrate ?
- Le questionnement éthique a-t-il disparu des pratiques publiques du discours ?
- En quoi l'analyse contemporaine du discours, produit de l'analyse du discours des années 70, favorise-t-elle l'interrogation éthique ? Accomplit-elle le programme platonicien ?
- Quelle est la portée éthique de certains discours (politique, journalistique, littéraire, etc.) ? La rhétorique permet-elle une contre-interpellation éthique ? Quelles constructions ou productions rhétoriques de l'altérité pourraient engendrer une réinvention de soi et de l'autre ?

Conférenciers invités :

Frans van Eemeren (Amsterdam)
Norman Fairclough (Lancaster)
Roselyn Koren (Tel Aviv)
Marie-Pierre Noël (Montpellier III)
Ruth Wodak (Lancaster)

Comité scientifique :

Thomas Bénatouïl (Nancy II), Pierre Chiron (Paris Est), Diane Davis (Austin), Gilles Declercq (Paris III), Françoise Douay-Soublin (Université de Provence), Jean-Jacques Lecercle (Paris Ouest-Nanterre), Carlos Lévy (Paris IV-Sorbonne), Martin Reisigl (Vienna), Ruth Wodak (Lancaster).

Organisation :

Charles Guérin (CRISES)

Gilles Siouffi (DIPRALANG)

Sandrine Sorlin (EMMA)


Langues du colloque :
anglais et français

Une publication des articles sélectionnés est prévue (en anglais)



Les propositions de 300 mots environ sont à envoyer avant le 1er septembre 2010 à:

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International Interdisciplinary Conference

15-16 April 2011

« Ethics and Discourse in Historical Perspective: Practice & Theory »


Organized by EMMA in collaboration with CRISES and DIPRALANG (Montpellier III, France)
With the support of the French Society of English Stylistics and the Institut Universitaire de France

The Platonic critique, while denouncing certain aspects of the persuasive approach of discourse (the rhetorical and sophistic practices), introduces the possibility of a truth-oriented philosophical rhetoric (especially in Gorgias and Phedre). Following upon these critical considerations, the philosophical and rhetorical traditions have then taken two distinct directions as regards the technical use of language. One approach is focused on the danger inherent to any technical working-out of discourse, as it can degenerate into an instrument of manipulation and deceit. The other takes into consideration the moral gain that rhetoric can generate. Isocrates for instance, Plato's contemporary, claimed that to speak correctly led to correct living. At the classical age, it would seem that some philosophers saw linguistic mastery as an ethical necessity. Bacon, Pascal, Hobbes and Locke indeed promoted a certain form of « language therapy » to expose various uses and misuses of words.

In the the 20th century, these questions – though dealt with in a different manner –  came once again to the forefront with the development of neopragmatism in the US, (critical) discourse analysis in France and Europe (Amossy, Fairclough, Wodak, van Leeuwen, van Tdijk, Meyer, etc.), and, following Perelman's work, with the re-emergence of rhetoric. Can the revival of rhetoric thus be perceived as an ethical necessity? While Plato denounced the gap that sophistic rhetoric introduced between speech and reality, contemporary approaches to discourse aim at highlighting this gap, revealing the manipulative linguistic effects, be they conscious (spinning strategies, political use of stereotypes motivated by self-interest) or unconscious (expression of norms and stereotypes, stigmatisation practices, classifying discourse, etc.). Some of these approaches indeed seek to deconstruct pre-established classifications and renegotiate the assigned social positions for a potential reinvention of self and others. Can one therefore speak of a certain ethical progress having been made in contemporary discourse analysis?

The conference will be an occasion to confront French and foreign methodologies on topics centred on the links between ethical questioning and public discourse in a historical perspective. The proposals can be related to three major periods (ancient rhetoric, classical age, or the contemporary era) and can either take the shape of a practical analysis of discourse belonging to all genres—literary, political, media-related—or deal with theoretical aspects discussing the debates that ethical questioning has given rise to at all ages.

Among many others, one could choose to answer the following questions:


- Is ethical questioning stable throughout the different historical periods? Has its nature changed?
- If, in the age of Antiquity, rhetorical technique was a way to win over the other at all costs, what  exactly was the status of the other and what can be said about the image of the orator?
- Has ethical questioning disappeared from public discursive practice?
- In what way can contemporary discourse analysis—itself a product of the discourse analysis of the 70s—be said to favour ethical questioning? Has it remained true to Plato's programme?
- What is the ethical reach of certain discourse (political, journalistic, literary, etc.)? Does rhetoric allow for an ethical counter-interpellation? What kind of rhetorical construction/production of otherness could engender a reinvention of self and other?

Guest speakers:


Frans van Eemeren (Amsterdam)
Norman Fairclough (Lancaster)
Roselyn Koren (Tel Aviv)
Marie-Pierre Noël (Montpellier III)
Ruth Wodak (Lancaster)

Advisory board:


Thomas Bénatouïl (Nancy II), Pierre Chiron (Paris Est), Diane Davis (Austin), Gilles Declercq (Paris III), Françoise Douay-Soublin (Université de Provence), Jean-Jacques Lecercle (Paris Ouest-Nanterre), Carlos Lévy (Paris IV-Sorbonne), Martin Reisigl (Vienna), Ruth Wodak (Lancaster).


Organizing committee:

Charles Guérin (CRISES)

Gilles Siouffi (DIPRALANG)

Sandrine Sorlin (EMMA)

Languages of the conference: English and French
Selected articles will be considered for publication (in English)

Proposals of around 300 words to be sent by September 1st 2010 to

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