L'ancien chez les Anciens

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L'ancien chez les Anciens

Formes et fonction antiques de la tradition

Appel à contributions
Date limite : 17 décembre 2010


Colloque organisé par le laboratoire junior CiTrA (circulations et transmissions dans l'Antiquité), École normale supérieure de Lyon.
Novembre 2011

 

La notion de tradition, sous des dehors familiers, est éminemment complexe : désignant communément tout autant le processus par lequel un objet abstrait ou concret est transmis que cet objet même, tangible, la traditio se décline comme ensemble de pratiques, conceptions héritées, corps de doctrines historiques, politiques ou religieuses... Innombrables sont les études qui, pour toute époque, dans tous les domaines, soulignent une permanence ou une rupture, révèlent des héritages passés jusque là inaperçus, posent la traditionnelle opposition de l'ancien et du moderne.

Il faut pourtant se garder de prendre toutes ces traditions, au pluriel, pour la tradition elle-même, en la dotant du même coup d'une existence objective qu'elle n'a pas. Elle n'est pas une simple légation, et ne se réduit pas à ses seules manifestations concrètes (rituels, coutumes, etc.). La tradition est bien plutôt une représentation construite, qui se compose au présent : il appartient à une génération de déterminer ce qui, pour elle, fait figure de tradition, ou de prendre position vis-à-vis de la tradition qu'elle reçoit comme un tout déjà constitué. Chacun est en effet tout à la fois auteur ou acteur de la tradition, témoin, destinataire ou héritier. Ce double rôle, actif et passif, dessine les potentialités idéologiques de la notion. Dès lors, interroger la tradition dans l'Antiquité, c'est avant tout interroger le discours, explicite ou implicite, des Anciens sur la tradition, quel qu'en soit le support – texte ou image. Comment les hommes de l'Antiquité pensent-ils, perçoivent-ils, utilisent‑ils la tradition, ses motifs, ses objets, les modalités de sa transmission, les enjeux de sa circulation ?


Les propositions, dès lors qu'elles s'inscrivent clairement dans cette perspective générale, pourront s'articuler autour de problématiques spécifiques dont la liste n'est pas limitée. Par exemple : par quels critères les Anciens déterminaient-ils le contenu objectif de la tradition ? Jouait‑on une tradition contre une autre ? Ou : la tradition est-elle un tout systématiquement positif pour les Anciens ? Dans quelle mesure l'idée de tradition, connotée positivement ou négativement, s'accorde-t-elle au changement, à la rupture, à la nouveauté, voire à la création ? Ou bien : comment l'idée de tradition s'accommode-t-elle de l'espace ? Faire circuler la tradition, est-ce risquer de l'altérer ? Est-ce, au contraire, pour les Anciens, un outil d'unification des peuples, un instrument stratégique de propagande ? Ou bien encore : de quelles façons le contenu de la tradition est-il constamment modifié par l'acte même de la transmission ? Jusqu'à quel point les Anciens organisent-ils cette transformation du message ?
Insistons sur un dernier point essentiel : la tradition est un discours ou une représentation, mais encore ce qui, concrètement et en pratique, se vit comme tel. Comment articuler alors ces deux aspects de la tradition chez les Anciens ? La tradition vécue est-elle en accord ou non avec les représentations que l'on en donne ? Dans quelle mesure les discours peuvent-ils influer sur certaines pratiques, amener à les renforcer, les corriger, ou les abandonner ? Autant de questions qui posent au fond le problème méthodologique de notre accès à la tradition vécue : à quelles conditions pouvons-nous jauger un écart entre discours et réalité ?


La question de la tradition selon les Anciens ne saurait être épuisée lors de ce colloque. Notre objectif est seulement d'y suggérer, avec rigueur et précision, des pistes neuves. De ce point de vue, nous serons particulièrement sensibles aux propositions originales et soucieuses de répondre à la fois à la perspective générale – la tradition pour et par les Anciens – et à la problématique précise qu'elles se seront fixée. Nous porterons de surcroît une grande attention aux communications qui souhaiteront confronter les notions de tradition, de circulation et de transmission, thèmes fondateurs du laboratoire CiTrA. Signalons enfin que notre projet se veut interdisciplinaire et qu'à cet égard, des chercheurs rattachés à tout domaine (littérature classique, histoire des idées, histoire des sciences, philosophie, géographie…) sont les bienvenus.


Les communications, d'une durée de vingt-cinq minutes, pourront faire l'objet d'une publication, après soumission à un comité de lecture.


Merci de faire parvenir vos propositions d'une page maximum, en mentionnant votre université de rattachement, votre statut et vos thèmes de recherche, avant le 17 décembre 2010, à l'adresse Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

 

Lieu de la manifestation : École normale supérieure de Lyon
Organisation : Laboratoire junior CiTrA (circulation et transmission dans l'Antiquité)
Contact : Laboratoire junior, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Source : Site du laboratoire junior CiTrA

 

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