Histoire de la clameur publique, des cris judiciaires et des demandes de justice

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Histoire de la clameur publique, des cris judiciaires et des demandes de justice

Appel à contributions
Date limite : 31 mai 2011

 

La Rochelle septembre 2011 et Poitiers 8 - 9 décembre 2011
Colloque soutenu par le PRES Limousin Poitou-Charentes.
Organisation : Michel Cassan, Frédéric Chauvaud et Pierre Prétou


Dans le cadre d'un programme de recherche intitulé La clameur publique en justice : cris judiciaires, scandales, émeutes et lynchages de l'Antiquité à nos jours, programme unissant les équipes du GERHICO-CERHILIM (EA 4270) et du CRHIA (EA 1163), nous appelons à contribution des travaux et des approches en sciences humaines susceptibles d'éclairer l'histoire des manifestations sonores liées à l'administration de la justice. Les propositions devront prendre en compte l'historicité des dimensions collectives de la plainte et de la demande de justice, dans le but de faire ensuite émerger une première synthèse sur l'objet que nous dénommons ici « clameur publique ».


La clameur publique, institution de l'ancien droit, autorisait qu'une population mobilisée par un cri judiciaire poursuive et saisisse un suspect en flagrance, avant d'exiger du juge un prompt jugement. Les formes les plus connues de cette procédure, tel le « Haro ! » normand, nécessitaient l'accomplissement d'un rituel judiciaire déclenché par un cri de ralliement populaire. Cette tradition se détecte également dans les droits modernes et contemporains, tout en se révélant persistante dans la culture professionnelle des juges et observable dans les réactions populaires. Toutefois, l'origine, l'ampleur, puis l'infléchissement de cette clameur publique méritent de nouvelles approches stimulées par les développements récents de la recherche en histoire sonore du fait politique. De l'Antiquité à nos jours, si l'on connait quelques formes de ces appels au secours judiciaires qui fondaient une plainte reçue par une procédure, la justice qui se construisait, ou se déconstruisait, autour de ces cris judiciaires reste à explorer, ou doit être relue par la focale de cet objet sous-estimé qu'est la clameur publique. Jetées à la face des juges, les expressions de la mobilisation collective engagent les identités communautaires et patriotes : appel au pouvoir souverain, elles renvoient ce dernier à son rôle fondamental de débiteur de justice. Escortant de près ces interactions intenses entre le pouvoir judiciaire et la foule, l'évolution de la clameur publique retient particulièrement l'attention puisqu'elle semble s'infléchir nettement aux Temps modernes. Pourtant, les communautés, lentement dépossédées de leurs cris judiciaires par l'État justicier, n'ont pas si facilement abandonné le monopole de la violence licite face à la flagrance des offenses. Le lynchage médiatique, le maintien localisé de rituels coutumiers et la non-assistance à personne en danger peuvent être considérés comme des formes de clameurs publiques résilientes.

Attendus :
La clameur, indépendamment des périodes et des approches, relève pour l'essentiel de l'oralité et de l'immédiateté. Elle s'inscrit donc dans un paysage sonore et s'associe à l'expression collective de la plainte, en adoptant les contours d'une demande et d'un besoin de justice manifestés collectivement et bruyamment. Le colloque tentera l'esquisse de ces mobilisations humaines et sonores engagées par l'administration de la justice. Il considérera l'histoire des manifestations publiques, collectives, communautaires ou médiatiques, lorsqu'elles semblent liées à la justice, traitées par les magistratures, ou influençant les décisions de celles-ci. Plusieurs entrées permettront de mieux cerner l'objet pour lequel nous appelons à contribution. Évoquons ici dans le désordre : les notions voisines de la clameur, la flagrance, les formes et les pratiques, les acteurs, les lieux, les temporalités, la genèse des clameurs, la mémoire des clameurs. Sont particulièrement attendus des travaux permettant des avancées sur les points suivants, de manière non exhaustive : clameur et sonorité, l'immédiateté et ses extensions, les circulations dans l'espace public ou privé, le besoin ou la demande de justice, la parole portée et la possibilité de la vengeance, la réception de la plainte collective en justice, le contrôle social ou les régulations, les porteurs de clameur, la valeur pédagogique de la clameur, clameur et lynchage, clameur, la voix commune et le dialogue, clameur et panique, le schéma moral et l'intégration, les limites de la clameur, la place du genre, l'encadrement juridique et les obligations légales.

Modalités :
Les propositions de communication, 3000 mots maximum, sont à envoyer avant le 31 mai 2011, simultanément aux trois organisateurs dont les courriels suivent.

Michel Cassan : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Frédéric Chauvaud : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Pierre Prétou : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

En septembre 2011, à La Rochelle, se tiendra un séminaire qui fera le point sur l'avancée des travaux et des propositions. Puis, le colloque se tiendra à Poitiers les 8 et 9 décembre de la même année. Les contributions retenues feront l'objet d'une publication.

Nous sommes à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

 

Source : Calenda

 

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