Le luxe et la cité. Penser, parler le luxe

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Colloque international, Paris / Rouen, 3-5 juin 2009 

« Le luxe et la cité : Penser, parler le luxe. » 

Appel à communications

Equipe de Recherche Interdisciplinaire sur les Aires Culturelles (ERIAC)
Université de Haute Normandie 

 

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté/ Luxe, calme et volupté ». Sorte de Janus, le luxe baudelairien de l’Invitation au Voyage participe à la fois de la cité et de la vie privée, conciliées dans l’harmonie d’une existence idéale d’où la frivolité est bannie. Qu’est-ce, alors, que ce luxe nécessaire à la Loi et au Beau dans la cité comme à la Paix et au Plaisir dans le privé des citoyens ? un objet de réflexion, bien éloigné de la conception ordinaire que nous pouvons en avoir aujourd’hui.

Si nous écartons un instant la tentation de dresser le catalogue des manifestations du luxe dans l’histoire afin de mieux voir comment il s’articule aux sociétés qui l’inventent, nous constatons en particulier qu’il est omniprésent dans les sociétés dites anciennes ou traditionnelles. Ce fait est cependant plus aisé à saisir dans ce que les collections archéologiques conservent que dans ce que nous en disent les textes où, des Anciens aux Modernes, la question du luxe est traitée comme un véritable problème. C’est pourquoi les manifestations du luxe ont souvent fait l’objet d’études ponctuelles et de discours apologétiques ou polémiques sans être pour autant réunies dans une perspective globale qui permettrait de mesurer d’une part la nature et la portée des représentations qui lui sont associées et, d’autre part, le poids idéologique du discours tenu sur lui.

Ce colloque suivra plusieurs axes de recherche qui, dans un esprit transdisciplinaire, privilégieront les aspects sociaux, culturels, voire anthropologiques mais aussi philosophiques, de la pensée du luxe. Elle nourrit bien souvent un discours où peinent à s’accorder la perception du progrès matériel et le sentiment de la décadence morale, le goût d’une esthétique du sublime et la réflexion éthique sur l’inégalité. C’est précisément cette apparente contradiction que nous voulons interroger en nous consacrant dans ce colloque à l’unité représentée par la civilisation antique jusque dans ses prolongements modernes et les références qu’elle nourrit. L’aisance matérielle est-elle nécessaire au bonheur d’une nation ? Le bonheur particulier postule-t-il le désir du superflu, « chose très nécessaire » à la réunion de mondes éloignés (cf. Voltaire, Le Mondain, v. 134 : « le superflu, chose très nécessaire, / a réuni l’un et l’autre hémisphère ») ? Quelles sont les liaisons de l’individuel et de l’espace commun, de la vie privée et de la puissance de l’Etat ? Le luxe, qui singularise et particularise, est-il un instrument qui permette de penser dans le concret  l’homme et les sociétés ?

Etude du luxe, donc, mais aussi et surtout des discours tenus sur le luxe, où se rejoignent et s’affrontent philosophes, lettrés, hommes politiques et artistes, tant il est vrai que tout discours sur le luxe implique un retour sur soi-même et sur son temps. Le luxe, souvent présenté comme superflu – c’est, en latin, son étymologie : quelque chose qui est mal orienté, voire faussé, et la langue française en porte trace dans le vocabulaire médical qui parle de « luxation » – est pourtant occasion de progrès dans la connaissance scientifique et la maîtrise des techniques propres aux différents arts. La pensée du luxe se construit donc autour de deux thématiques : la première, évidente, est celle du nécessaire et de son contraire, le superflu. La seconde, qui lui est parallèle et la segmente tout à la fois, tient à la nature de l’homme comme à la nature dans son ensemble (ce qu’on peut et ce qu’on doit infliger à la nature en fonction de ses propres besoins) et conduit à penser le luxe dans le temps : non seulement du point de vue du progrès mais dans une perspective inter-générationnelle. Autant dire que la pensée du luxe, telle qu’elle se constitue, rejoint des préoccupations contemporaines. D’un point de vue social, comment le luxe est-il immédiatement perçu ? Une société du luxe, une société totalement à l’abri du besoin est-elle pensable, possible ? A quelles conditions ? Société de la croissance ou de la décroissance ? Pour les particuliers, la transmission des objets du luxe et d’un patrimoine qui les assemble est-elle destinée à faire de nous des êtres dans le temps ?
 

Merci de faire parvenir vos propositions de communication (3000 signes maximum) pour fin janvier 2009 à :

Marc Deramaix, Département de lettres classiques, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Anne Vial-Logeay  Département de lettres classiques, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ; Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

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