Empire des lettres et tigres de parchemin

Mardi, 20 Août 2013 16:54 Dominique Stutzmann
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Empire des lettres et tigres de parchemin

International Medieval Congress - Leeds 2014

Appel à contributions
Date limite : 20 septembre 2013

 

Apices et Cap Digital ont le plaisir d'offrir leur patronage à des sessions paléographiques sur le thème ‘Empire' dans le cadre de l'International Medieval Congress 2014 à Leeds (Royaume-Uni).

L'écriture n'est pas un moyen de communication neutre. En particulier, les écritures ont servi, tout au long du Moyen Âge, à mettre en scène l'idée d'Empire, de pouvoir et de domination. Les exemples les plus célèbres en sont les litterae caelestes de l'Antiquité tardive, la curialis de la chancellerie pontificale, les litterae elongatae. La pertinence du concept d'Empire ne se limite cependant pas aux écritures pragmatiques, comme le montrent l'écriture prophétique d'Hildegarde de Bingen pour sa lingua ignota, qui connote l'empire divin, ou encore l'écriture humanistique, aussi dite littera antiqua, qui prétend reproduire l'écriture de l'Antiquité pour la littérature latine classique et, par conséquent, reproduire l'écriture d'une forme disparue de l'Empire. L'écriture a ainsi la possibilité de connoter l'autorité et l'Empire, et d'inspirer le respect.
Aussi ces sessions sont-elles placées conjointement sous le titre de l'étude d'E. T. Bannett sur les manuels épistolaires « Empire of letters » (Empire des lettres), qui montre comment les lettres ont unifié un Empire, et également sous le signe de l'ironie politique des « Tigres de papier », ici, « tigres de parchemin », qui applique dans le domaine paléographique l'idée que des écrits, par leurs particularités graphiques et de mise en forme, puissent susciter admiration, respect et terreur sacrée.


Si la minuscule caroline est un symbole manifeste d'une entreprise à la fois politique et culturelle, elle montre aussi la complexité du lien entre Empire et écriture. Dans le même mouvement, Charlemagne unifiait un espace politique et lui donnait une écriture commune ; ce faisant il unifiait un Empire par ses lettres (la caroline finit par exclure l'usage des écritures dites ‘nationales' comme la bénéventaine des Lombards ou des autres écritures issues de l'Empire, comme la curialis), mais aussi le domaine scriptural, l'Empire des lettres (la caroline s'impose comme écriture livresque aussi bien que dans le domaine documentaire). Pourtant, la caroline n'est pas une création impériale : elle précède la renovatio imperii et n'est qu'une sélection de formes au milieu d'évolutions multiples, alors que les autres écritures impériales (litterae caelestes, curiales, elongatae) sont des héritières fossilisées de temps prestigieux mais révolus : elles ne sont pas seulement archaïsantes, elles connotent l'autorité de l'Empire.
Le domaine scriptural peut aussi être étudié comme un monde en soi, « l'Empire des lettres », avec sa cohérence et son histoire. Les affiches de maîtres écrivains et de calligraphes, les modèles d'écriture, les écritures spécifiques à un genre (par ex., la « gothique liturgique », l'écriture de la chancellerie impériale), les influences des écritures données ou perçues comme « impériales » ou les conséquences sur l'écriture des prétentions politiques (en France, l'invention de la « mixte » est contemporaine de l'adage « le roi est empereur en son royaume) reflètent l'idée d'un « imperium » distinct, permettant de distinguer des sphères et hiérarchies de pouvoir.
Ces deux grandes dimensions de « l'Empire des lettres », à savoir la connotation de l'Empire par les lettres et la structuration du domaine scriptural (c'est-à-dire le domaine partiellement autonome des écritures), relèvent du présent appel à communication.

Les communications durent 20 minutes. Parmi les sujets envisageables (liste non exhaustive) se trouvent :
- Typologie de l'empire et des écritures associées : archaïsmes, canonisations, formalisations ;
- Diversité des alphabets, diversité des empires (perception des écritures non-latines, écritures imaginaires comme symbole de pouvoir) ;
- Influences des écritures données ou perçues comme « impériales » (en particulier, écritures des chancelleries pontificale et impériales) et innovations/résistances ;
- Héritage moderne et contemporain des concepts et pratiques médiévaux de l'Empire des lettres ;
- Affiches des maîtres écrivains, modèles d'écriture, manuels.

Pour proposer une communication, veuillez envoyer un résumé de 250 mots maximum à dominique.stutzmann [arobase] irht.cnrs.fr ou à vincent.debiais [arobase] univ-poitiers.fr
La date limite de reception des propositions est le 20 septembre 2013.

Lieu de la manifestation : Leeds (UK)
Organisation : Dominique Stutzmann (IRHT - CNRS) et Vincent Debiais (CESCM - CNRS)
Contact : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. et Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Source : Écriture médiévale & Numérique