Quid noui ? La modernité chez les Anciens

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Quid noui ? La modernité chez les Anciens

Appel à contributions
Date limite : 10 octobre 2009

Colloque organisé conjointement
par l'Université de Paris-Sorbonne (Pr. C. Lévy) et
l'Université de Haute Normandie (A. Vial-Logeay ; A. Hourcade)

Le projet de ces journées d'étude s'inscrit dans une perspective comparée en études grecques et latines. Le concept de « désenchantement du monde », caractéristique de nos sociétés selon Max Weber, repris et développé par Marcel Gauchet, invite à considérer les sociétés antiques comme un lieu de conditionnement du politique par le religieux. Organisées en fonction de valeurs transcendantes et trouvant leur origine hors d'elles-mêmes, ces sociétés vivent sous le règne de la continuité et le poids du passé : on sait d'ailleurs l'importance des palaioi en Grèce et du mos maiorum à Rome. C'est effectivement sous l'angle de la dette qu'aujourd'hui encore nous envisageons pour une bonne part notre rapport à l'antiquité gréco-latine : celui de l'héritage d'un patrimoine intellectuel, politique, artistique et religieux. Pourtant, si « nos » Anciens peuvent à juste titre être considérés dans le rapport qu'ils entretiennent à « leurs » modernes en déconstruisant l'illusion de la proximité pour qu'apparaisse « une petite chance d'entendre vraiment du vieux, c'est-à-dire du nouveau », pourquoi ne pas vouloir, à l'inverse, entendre chez eux le discours de la nouveauté afin de savoir si nous percevrons alors vraiment du vieux ? La question de la modernité, qui prend en compte celles de la nouveauté et du progrès sans devoir y être restreinte, met en place la façon dont les Anciens se sont approprié ou ont refusé le futur et l'inconnu. Comment se sont-ils compris et ont-ils compris leur rapport à l'histoire, leur insertion dans le temps ? Le colloque qui se tiendra du 21 au 23 janvier 2010 se propose d'interroger, peut-être pour les remettre en question, cette absence, ce refus affiché de la modernité chez les Anciens. Sur quel rapport au temps, et au monde, à un passé qui oriente l'individu et les sociétés, tout en leur laissant intégrer le changement, se fondent les Anciens ?

Plusieurs axes d'étude peuvent être dégagés.

« Les discours » Il conviendra tout d'abord de réfléchir à la perception de modernité chez les Anciens. Dans le domaine linguistique, l'adjectif modernus apparaît tardivement, chez Priscien et Cassiodore : quelle est son sens, dans quel contexte s'inscrit-il ? Critique ou valorisation de la nouveauté ou de l'invention, rapport dialectique avec la modernité, critères en fonction desquels elle s'oriente, etc. Quel intérêt peut-on trouver à se réclamer de la nouveauté ? Quelle conséquence cela a-t-il, par exemple, sur l'autorité, l'établissement des valeurs philosophiques, religieuses ou autres ? Le dynamisme peut-il se dire ailleurs que dans un discours de la tradition ?

« Les domaines » A quels critères est puisée la modernité, quand elle est revendiquée ? La dimension polémique de l'art « contemporain » est-elle attestée dans l'Antiquité ? Que deviennent alors la figure du poète inspiré par la divinité et la notion de discours poétique relevant de l'intemporel ? En ce qui concerne la réflexion juridique, dans quelle mesure le droit, amené à prendre en considération l'évolution de la société, est-il « moderne » ? Quelles sont les résistances, innovations masquées, etc.

« Continuité, nouveauté, modernité ?  »  De quelle façon l'Antiquité s'est-elle approprié la suite de l'histoire ? Peut-on repérer des époques, des périodes, où les Anciens ont eu conscience de vivre un changement radical ? L'ont-il accepté comme tel, ont-ils au contraire recouru d'autant plus fermement à un système de valeurs très hiérarchisé ? A titre d'exemple, sous l'Empire, la conversion aux valeurs chrétiennes, à laquelle nous sommes rétrospectivement si sensibles, a-t-elle nourri un discours du changement, ou, comme le remarquait naguère Peter Brown l'impression qui prévaut n'est-elle pas plutôt celle d'une « surprenante uniformité » ? Pour reprendre la métaphore antique (et bientôt classique) de la vie comme théâtre, le monde est-il déjà joué d'avance ? Peut-on sortir de l'alternative raison substantielle/ rupture et déshérence ?

« Figures de la modernité »  A travers les différentes catégories de récits (mythiques, historiques …), il conviendra d'interroger les représentations attachées aux hommes qui ont incarné une forme de modernité en Grèce et à Rome. Ainsi, qu'en est-il de l'inventeur Dédale ? d'Archimède ? Enfin, quelle est la place des inventeurs dans l'espace public, et leur rôle vis-à-vis de la cité ? A terme, c'est la question (moderne) de la liberté de l'homme qui se trouve ainsi posée.


Les projets de communication (5600 signes maximum) doivent être adressés pour le 10 octobre à :
Anne Vial-Logeay Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.  ;
Annie Hourcade Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
 

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