Le De opificio Dei : regards croisés sur l'anthropologie de Lactance.

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Béatrice BAKHOUCHE et Sabine LUCIANI (dir.), Le De opificio Dei : regards croisés sur l’anthropologie de Lactance.

Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2007, 205 p.

Présentation de l'éditeur :
Le De opificio Dei paraît être une incongruité aussi bien dans l’œuvre de Lactance que dans la littérature latine, et c’est peut-être cette singularité même qui explique le peu d’intérêt que lui a accordé la critique. Et pourtant... le titre de Cicero Christianus que lui donnera Pic de la Mirandole résume à merveille la double tension qui parcourt à la fois l’auteur et son œuvre. 

Professeur de rhétorique chrétien, Lactance, dans le De opificio Dei, veut rivaliser assurément avec son illustre prédécesseur, dans un mélange d’aemulatio et de retractatio cher à l’esthétique antique, mais il n’hésite pas, non sans une certaine outrecuidance qui s’oppose aux faux aveux d’incompétence et d’indignité de ses pairs, à leur fausse modestie affichée, à affirmer clairement son souci de dépasser son modèle. D’un autre côté, ce converti de fraîche date au christianisme n’affiche guère ici ses convictions religieuses, ce qui a conduit la critique à taxer notre auteur de « crypto-chrétien ». C’est dire que les ambiguïtés génériques, thématiques et structurelles qui caractérisent le De opificio Dei méritent d’être envisagées à nouveaux frais.

La dimension littéraire est étudiée dans la double perspective du « Nachleben » et du « Vorleben ». L’opuscule est par ailleurs mis en perspective avec l’ensemble de l’œuvre, à travers les relectures par l’auteur lui-même et ses ajouts dont le sens est réinterrogé, mais également avec d’autres textes chrétiens. Enfin, « la création de Dieu » dont il est question ici est l’homme, et Lactance nous offre un mini-traité d’anatomie et de physiologie du corps humain dans une perspective finaliste qui était déjà celle de médecins-philosophes comme Galien mais qui se perpétuera jusqu’aux temps modernes. Les études recueillies dans le présent ouvrage ne sauraient apporter une réponse univoque aux questions posées par le texte. Elles permettent cependant de situer Lactance au double confluent de la tradition antique et de la tradition chrétienne, d’une part, et de l’héritage culturel et médical, d’autre part, en même temps qu’elles se présentent comme différents points de vue de philologues, patristiciens, historiens de la médecine et de la philosophie et, à ce titre, comme autant de « regards croisés sur l’anthropologie de Lactance ».

 

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