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Colloques, journées d'études

Evénement 

Titre:
Modèles latins en Castille au Moyen-Âge
Quand:
30.11.2007 - 01.12.2007 
Où:
ENS Lyon - Lyon
Catégorie:
Colloques, journées d'études

Description

Modèles latins en Castille au Moyen-Âge

 

30 novembre – 1er décembre 2007

 

Organisé par : le SIREM (GDR 2378) et le CIHAM (UMR 5648)

Mónica Castillo Lluch et Marta López Izquierdo (Université Paris 8)

 

(Avec la collaboration de Carlos Heusch – ENS LSH Lyon)

 

Site web du colloque 

 

VENDREDI 30 NOVEMBRE 9h : Accueil des participants

Séance d’ouverture :

9h30 : Présentation du colloque par

Mónica Castillo Lluch et Marta López Izquierdo (Université Paris 8)

Séance I :

10h : Roger Wright (University of Liverpool) : « Romance, latín y de nuevo romance en la Península Ibérica en el siglo XII »

10h30 : Mercedes Quilis (Universitat de València) : « Frontera y periodización en el español medieval »

11h30 : débat

12:00 : déjeuner à l’ENS LSH

Séance II :

14h00 : Lola Pons (Universidad de Sevilla) : « Modelos lingüísticos latinos y adaptaciones romances : el ejemplo de las estructuras de infinitivo »

14h30 : Javier Elvira (Universidad Autónoma de Madrid) : « Modelos latinos y mecanismos pragmáticos en las correlaciones medievales castellanas »

15h00 : José María García Martín (Universidad de Cádiz) : « El posesivo, del latín al español clásico : semejanzas y divergencias »

15h30 : débat

15h45 : pause

Séance III :

16h00 : Bernard Darbord (Université Paris 10) : « Los exempla medievales : reflexión sobre los modelos latinos »

16h30 : Marie-Christine Varol (INALCO, Paris) : « Modelos no latinos en la literatura sapiencial y ejemplar »

17h00 : Ángel Gómez Moreno (Universidad Complutense, Madrid) : « La tradición clásica y sus transmisores : un complemento a Curtius »

17h30 : débat

SAMEDI 1er DÉCEMBRE

Séance IV :

09h30 : César García de Lucas (Université Paris 10) : « Notas sobre la versión castellana del Axíoco hecha por Pedro Díaz de Toledo »

10h00 : José Carlos Martín(Universidad de Salamanca) : « Los comienzos de las letras latinas en Castilla y León : de los Anales Castellanos Primeros a los Segundos »

10h30 : Carlos Heusch (ENS-LSH, Lyon) : « La caballería de ayer y la de hoy. El sueño latino de algunos caballeros letrados del siglo XV »

11h00 : débat

11h15 : pause

Séance VI :

11h30 : Cristina Jular(CSIC, Madrid) : « Porque tengo obligación : genealogía, escritura eidentidad nobiliarias. Los Velasco »

12h00 : Estelle Maintier (Paris IV) : « Fuero Juzgo : una traducción al servicio de la génesis del Estado moderno »

12h30 : débat

12h45 : déjeuner

Séance VII :

15h00 : Mario Barra Jover (Université Paris 8) : « Peso del latín adstrático en la innovación morfosintáctica medieval »

15h30 : Gloria Clavería (Universitat Autònoma de Barcelona) : « Latín y romance en el léxico de la lengua jurídica del s. xiii »

16h00 : Ana Serradilla (Universidad Autónoma de Madrid) : « La subordinación completiva en el español medieval : continuidad y ruptura de los modelos latinos »

16h30 : débat

16h45 : pause

Séance VIII :

17h00 : Pilar Saquero (Universidad Complutense, Madrid) : « Alfonso X el Sabio y la tradición cultural occidental »

17h30 : Irene Salvo (ENS-SHS, Lyon) : « Fuentes ovidianas de la General Estoria »

18h00 : Inés Fernández-Ordóñez (Universidad Autónoma de Madrid) : « Los procedimientos de capitulación y segmentación de las fuentes latinas en la General Estoria de Alfonso X el Sabio »

18h30 : débat

19h00 : conclusions et clôture

20h30 : dîner de clôture

 



Le monde nouveau d’où émerge la Romania, écrivait Ernst R. Curtius, est profondément pénétré de l’ancien monde latin dans la culture, la tradition, la légalité, la politique, la langue… Avec ce colloque, nous souhaitons promouvoir une réflexion sur la façon dont la Castille s’inscrit dans cette latinité millénaire. Des multiples questions méritent d’être explorées depuis des angles disciplinaires variés.

Tout d’abord, sans doute faut-il définir le caractère spécifique de la latinité médiévale. Si celle-ci ne peut être considérée simplement comme une continuité de l’ancienne, on peut s’attendre au développement d’une conscience d’une nouvelle latinité. Peut-on déterminer une telle conscience en Castille ? L’incorporation des modèles latins, commune à toute l’Europe romane, a servi certainement comme élément de cohésion mais aussi comme trait différenciateur entre les diverses régions et époques. Prenons l’exemple de l’identification de la Castille avec la culture latine, si différente au XIIIe et au XVe siècles.

Un aspect fondamental de l’étude est, sans doute, celui de l’articulation entre la tradition classique héritée et la création médiévale, fondée sur un canon d’autorités : des poètes, des philosophes, des historiens, des grammairiens… qui servent de matière à des adaptations, des compilations ou réélaborations. Sont particulièrement intéressants les canaux et les formes de diffusion de ces autorités : lesquelles sont connues de première main, par le biais de traductions, de compilations, de manuels ? ; la réception d’auteurs et d’œuvres et sa possible transformation ; mais aussi les absents du canon et les raisons de cette absence (méconnaissance, manque de prestige ou occultation, résistance ou contestation). Une question complémentaire est la rigidité ou la flexibilité face au canon, dans quelle mesure les modèles sont suivis mais aussi sont transgressés ou manipulés (comme exemple, on peut considérer les genres textuels ou les traditions discursives). En rapport avec tout cela, on peut aussi explorer le processus même de modélisation : l’établissement des modèles qui va de la reproduction fixe de l’archétype, à la construction dynamique du modèle, en constante réélaboration.

Par ailleurs, la latinité médiévale pose le problème de la relation entre la culture écrite et orale, question décisive pour les études linguistiques et littéraires et non moins importante pour les historiens, car les lettres fonctionnent comme un marqueur social tout au long du Moyen-Âge. À ce sujet, il sera intéressant de rechercher les connexions, la circulation en double sens des traditions savantes et des traditions populaires.

Pour les linguistes, le champ d’étude essentiel sera le contact de langues et de cultures et les questions parallèles : bilinguisme, diglossie, langue savante et langue populaire, latin classique, latin vulgaire, latin médiéval (réforme de Cluny), latin scholastique (usage dans les universités)… L’évolution du latin vulgaire aux langues romanes, dans notre cas le castillan, est dans ce cadre un autre sujet phare, sur lequel on peut débattre, par exemple, à propos des critères pour l’établissement de frontières chronologiques, des problèmes de datation, d’identification, d’identité des langues et des attitudes linguistiques des locuteurs de l’époque, sur lesquelles on peut explorer tout ce qui concerne le latinisme comme modèle linguistique : emploi des mots savants, semi-savants, mais aussi le contraire : emploi de mots populaires romans dans les textes savants rédigés en latin (comme les diplômes ou les documents notariaux), sans oublier les hypercorrections, qui montrent clairement la forte pression exercée par le modèle de la langue latine. La réflexion peut également verser sur les instruments de diffusion des modèles linguistiques : les manuels classiques de grammaire, de rhétorique, les glossaires ou les étymologies. Ou encore les traductions du latin au castillan ou du castillan au latin, avec tout le jeu d’interférences positives et négatives qui les marquent.

Les historiens pourront étudier la différenciation des classes ou groupes sociaux en vertu du savoir et de la langue ; l’historiographie médiévale en latin et en castillan (cf. les réminiscences des auteurs classiques dans les chroniques latines médiévales ou castillanes, comme celles de Salluste dans l’Historia Silense, ou la présence entre autres d’Ovide, Lucain et Orose dans la General Estoria) ; les canons juridiques en latin et en castillan (le droit wisigothique fondé sur les fazañas et les fors avec la mise en place postérieure du droit justinien) ; la réforme de Cluny et ses multiples conséquences ; le savoir universitaire ; l’empreinte classique sur les systèmes politiques, l’organisation administrative et fiscale médiévales.

En littérature s’impose la réflexion déjà classique entre les anciens et les nouveaux genres littéraires, la fusion de genres, leurs frontières (Libro de Buen Amor, Libro del caballero Zifar, Celestina…) ; l’étude des motifs, des thèmes, des figures et des formes classiques présents dans la littérature médiévale castillane (depuis Berceo jusqu’aux œuvres poétiques extrêmement latinisantes du XVe siècle) ; les réélaborations dans celle-ci des auteurs comme Ovide ou Virgile ; la coexistence d’une écriture en latin et en langue vernaculaire… Dans le succès de certains genres littéraires - sermons, épique, romancero et théâtre -, mériterait l’attention l’effet déterminant de l’oralité en langue vernaculaire comme seul moyen de communication avec un public analphabète.

En somme, la problématique en rapport avec la spécificité des Modèles Latins dans la Castille médiévale se révèle très riche et exige le croisement de perspectives et l’apport de différentes spécialités.

Lieu

Carte
Localisation:
ENS Lyon   -   Site internet
Route/rue:
15 parvis René Descartes
Code postal:
69007
Localité/ville:
Lyon
Pays:
Pays: fr

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