Information signalée par Jean-Pierre de Giorgio
La métalepse dans les textes et les images antiques.
Figurations du spectateur / de l'auditeur
et transgression des niveaux de représentation
Journée d'études organisée par J.-P. De Giorgio et S. Dubel.
La figure appelée « métalepse » fait depuis quelques années l’objet d’un débat articulé avec les notions de fiction et de représentation (voir en particulier Pier, J. et Schaeffer, Jean-Marie (eds.) : Métalepses. Entorses au pacte de la représentation, Paris: Éditions de l´École des Hautes Études en Sciences Sociales, 2005). Dans le domaine littéraire, la métalepse correspond à un moment de (con)fusion entre l'univers du discours et l'univers de l'histoire — « figure par laquelle le narrateur feint d'entrer (avec ou sans son lecteur) dans l'univers diégétique » (G. Genette, Figures III, Paris, Seuil, 1972 : p. 244) —, mais la métalepse peut se reconnaître dans toute forme d'abolition des frontières entre l'espace de celui qui représente et l'espace de ce qui est représenté (cf. le Ceci n'est pas une pipe de Magritte), une transgression notamment explorée dans certaines versions du mythe de Narcisse. En fonction du corpus étudié, le procédé est tantôt compris comme transgressif et métafictionnel, créant un « effet de bizarrerie » qui affiche le caractère construit de la représentation, ou bien au contraire comme renforçant l'illusion réaliste d'une co-présence au monde représenté, c'est-à-dire relevant d'une poétique de l'évidence.
La métalepse narrative peut-elle s’appliquer aux œuvres antiques, textes et images, d'une façon qui soit pertinente aussi bien que fructueuse, comme le suggère G. Genette en s’appuyant notamment sur l’ecphrasis du carmen 64 de Catulle, où la description est « débordée » par la narration (Métalepse, de la figure à la fiction, Paris, Seuil, 2004) ? Et si oui, comment s’opèrent ces franchissements de seuils dans l’un et l’autre cas ? Et quelle signification ou quels enjeux revêt une telle figure ? On pourra se demander par ailleurs si ces formes de franchissement avaient fait l’objet d’une réflexion dans l’Antiquité (figures de la métabase ou du changement de personnes peut-être ?) et s’il est possible d’esquisser un parcours de ces formes.
On s’intéressera particulièrement au cours de cette journée :
- à la mise en scène interne de spectateurs dans les images (de la céramique attique à la peinture pompéienne) ou dans les textes décrivant des images (par exemple, la jeunesse thessalienne dans le carmen 64 de Catulle, ou le jeune garçon dans les Imagines de Philostrate)
- aux formes d'implication, explicites ou obliques, du spectateur ou du lecteur : déictiques, apostrophe visuelle (par exemple, la représentation de face) ou verbale, figures de la deuxième personne, commentaires, etc.
Programme
9h30
Accueil. Problématiques et échantillons
10h00
Jean-Christophe JOLIVET (Lille III)
La philologie parasitant la fiction dans la poésie latine : quand les personnages deviennent mythographes
10h45
Françoise FRONTISI-DUCROUX (Collège de France – Centre Louis Gernet)
De l'apostrophè à la métalepse
11h30
Evelyne PRIOUX (CNRS)
Le pêcheur, l'ivrogne et la maraîchère : quelques remarques sur les stratégies visant à abolir la distance entre monde réel et monde des images
déjeuner
14h15
Agnès ROUVERET (Paris X)
Autour de Dionysos et du théâtre en grande Grèce
15h
Christine HUNZINGER (Paris IV)
Feuilletages et superpositions de l'instance de destination du récit dans les Hymnes homériques
pause
16h Ruth WEBB (Paris X-Birkbeck College, Londres)
« Et maintenant elle est ici avec moi » : temps, lieux, auditeurs et lecteurs dans les Éthiopiques d’Héliodore
16h45
E. NDIAYE (Orléans) – J.-P. DE GIORGIO (UBP)
Autour du carmen LXIV de Catulle
Avec la participation de Jean-Michel CROISILLE (UBP)
Contacts :
- Jean-Pierre de Giorgio :
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-Sandrine Dubel :
Localisation : Maison des sciences de l'homme, 4 rue Ledru, 63000 Clermont-Ferrand, salle 219.