14h 30 : Marie-Noëlle RIBAS (CiTrA, ENS LSH) : « Introduction. Platon et les Barbares : le Barbare est-il simplement l'ennemi ? ».
La conception du barbare qui se fait jour au sein du corpus platonicien semble discordante et contradictoire. Tantôt critique virulent de la catégorie de barbare, tantôt défenseur du partage qu'elle rend possible, faut-il conclure de là à des inconséquences de la part de Platon ? Il s'agira donc de montrer en quoi la position platonicienne offre une solution tout à fait originale à la question de savoir ce qu'est un barbare, et plus encore, ce qu'il doit être et quelle est sa fonction. Nous verrons comment cette notion, vide de sens à s'en tenir à la conception commune qu'elle véhicule, peut et doit revêtir une signification et une fonction véritablement philosophiques, car c'est là le seul moyen laissé aux Grecs d'accéder à la connaissance d'eux-mêmes. Penser le barbare, telle est donc la condition nécessaire d'une politique intérieure et extérieure cohérente et saine. A l'heure où le thème de l'identité nationale fait débat, le projet platonicien interroge, tandis qu'il s'agit de construire un modèle politique sur une nature commune, pensée en opposition à une nature floue qui est celle du Barbare.
15h15 : Roger-Pol DROIT (Chercheur CNRS) : « Philosophes et barbares : De Platon aux néoplatoniciens, l'impossibilité d'être philosophe et barbare cède la place à l'affirmation de la supériorité philosophique des barbares ».
Par définition, tout semble opposer philosophes et barbares, qui se distinguent dans l'horizon de pensée grec par des rapports dissemblables au logos, à la sophia, à la polis. Or, il est plusieurs fois question de « philosophes barbares » dans les textes de la Grèce classique, et plus encore dans l'hellénisme tardif, où se trouve même affirmée une supériorité philosophique des barbares sur les Grecs (Jamblique, Mystères d'Egypte). Ce thème est ensuite largement repris et développé par les Pères de l'Eglise (Tatien, Clément, Eusèbe, Ambroise). Il s'agira de mettre en lumière les principaux aspects de cette situation paradoxale, et de dessiner les lignes directrices de son évolution, pour réinterroger le contenu de la notion de « barbare ».
16h15 : Alain CHAUVOT (Professeur émérite à l'Université de Strasbourg) : « Peut-on identifier un barbare ? Mouvements et corps barbares d'après les sources latines ».
A Rome, on peut identifier les barbares de deux façons. Ou bien l'on s'appuie sur des sciences ou pseudo-sciences, comme la théorie environnementaliste ou la physiognomonie, qui font reposer cette identification sur la quantité de sang circulant dans le corps ; ou bien l'on se fonde sur une vision de la romanité/civilisation qui se traduirait par la maîtrise de soi. Dans le premier cas, la barbarie est définie en terme de différences, dans le second en terme d'oppositions. Se construisent donc des grilles de lecture permettant d'interpréter les signes de « barbarie », qu'il s'agisse de morphologie (stature…) ou de comportement (gestuelle/mouvements…). Mais se posent alors les problèmes des frontières, des ressemblances et des métamorphoses qui viennent perturber les certitudes des discours identificateurs.
Lieu de la manifestation : ENS de Lyon - 15 parvis Descartes - 69342 Lyon Cedex 07. Salle F 104
Organisation : Laboratoire junior CiTrA
Contact : Marie-Noëlle Ribas
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