Antiquité au Présent 2011-2012
Commenter, expliquer, paraphraser.
Enjeux historiques et anthropologiques des pratiques de commentaire dans le monde antique et au-delà
Réécrire pour commenter ?
Le centon ou les intertextualités superposées (Martin Bazil, Université Charles-V, Prague)
Le centon est un poème composé de citations tirées d’une œuvre poétique généralement bien connue, le plus souvent d’Homère et de Virgile. Transposés dans le nouveau contexte, les fragments empruntés gardent, en général, un lien sémantique avec son contexte primitif. La tension entre les deux contextes – et avec elle, la dimension intertextuelle – joue un rôle fondamental dans ce type de poésie. Dans les cas réussis, le centoniste sait exploiter cette tension pour enrichir le plan sémantique de son œuvre, ou bien même se faire superposer plusieurs types de relations avec le texte-source.
Les Paraphrases d’Érasme : réécriture et/ou commentaire ? (Jean-François Cottier, Paris-Diderot)
Confronté à des détracteurs parfois violents, Érasme a été amené à justifier à plusieurs reprises son projet de paraphrase du texte néo-testamentaire, en se fondant à la fois sur l’ancienneté d’un genre illustré dès l’Antiquité chrétienne, et sur la nécessité pastorale d’aplanir pour les chrétiens moins instruits les difficultés du texte sacré, comme Thémistius l’a fait pour Aristote. La question qu’il pose à ceux qui l’attaquent est de savoir si on a le droit de commenter les Saintes Écritures, et si oui, de définir dans quelle mesure réécrire c‘est commenter.
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