Catherine Gaullier-Bougassas, Margaret Bridges et Jean-Yves Tilliette, Trajectoires européennes du "Secretum secretorum" du Pseudo-Aristote (XIIIe-XVIe siècle)

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Catherine Gaullier-Bougassas, Margaret Bridges et Jean-Yves Tilliette (éd.), Trajectoires européennes du "Secretum secretorum" du Pseudo-Aristote (XIIIe-XVIe siècle), Turnhout, 2015.

Éditeur :
Collection : Alexander Redivivus, vol. 6
513 pages pages
ISBN : 978-2-503-55415-0
90 € HT

Un best-seller dans toute l'Europe, du XIIIe au XVIe siècle et ses paradoxes apparents : le Sirr-al-'asrâr / Secret des secrets du Pseudo-Aristote, l'un des plus anciens miroirs du prince arabes.

Faussement présenté comme une traduction d'Aristote et associé à la translatio en arabe de la science et de la philosophie grecques que les califes abbassides encouragent à Bagdad au ixe siècle, le traité du Sirr-al-asrar [Secret des secrets], cette lettre de conseils politiques que le philosophe aurait écrite à son disciple Alexandre, voit sans doute le jour au Xe siècle, fortement influencé, au-delà de quelques emprunts aristotéliciens, par une pensée néo-platonicienne et par l'hermétisme hellénistique, ainsi que par les sciences arabes. Célébrant l'idéal d'un roi savant tout-puissant, il transforme le philosophe et son traducteur en médiateurs d'un savoir révélé, selon un scénario hérité des écrits hermétiques: la découverte du livre dans un temple du Soleil, bâti par Esculape ou Hermès. Ses deux traductions latines des XIIe et XIIIe siècles, le Secretum secretorum de Jean de Séville qu'est son Epistola ad dieta servanda et le Secretum secretorum de Philippe de Tripoli, ont joui d'une diffusion de best-seller, manuscrite puis imprimée, dans toute l'Europe, au moins jusqu'au XVIe siècle et elles ont été adaptées dans la plupart des langues européennes. Les manifestations et les raisons profondes de ce succès européen de l'un des plus anciens miroirs du prince arabes, le seul que l'Occident médiéval se soit approprié, sont encore à analyser. Le présent volume se concentre sur ses adaptations dans les langues vernaculaires de l'Europe et sur les métamorphoses d'un texte aussi célèbre qu'énigmatique, pour tenter de mieux cerner les raisons d'un tel engouement, les lectures et les usages sociaux divers auxquels l'œuvre s'est prêtée de l'Italie à l'Angleterre, de l'Espagne à la Russie.

Catherine Gaullier-Bougassas est professeur de langue et de littérature médiévales françaises à l'Université de Lille 3 et membre de l'Institut universitaire de France.
Margaret Bridges est professeur émérite de langue et de littérature médiévales anglaises à l'Université de Berne.

Jean-Yves Tilliette est professeur de langue et littérature latines du Moyen Âge à l'Université de Genève et correspondant de l'Institut de France.

 

Source : Brepols

 

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